"VISAGES DU FÉMINISME RÉFORMISTE, 1901-1940"
Bibliothèque universitaire d'Angers
18 avril-30 avril 2001
Catalogue de l'exposition présentée à l'occasion de l'inauguration du Centre des Archives du Féminisme
Troisième partie : archives Cécile Brunschvicg
|
1. Biographie 2. L'action sociale 3. L'action politique 4. L'action de C. Brunschvicg au gouvernement (1936-1937) |
Cécile Brunschvicg (1877-1946)
Cécile Kahn naquit à Enghien-les-Bains le 19 juillet 1877 dans une famille bourgeoise, milieu où les filles n’étaient guère encouragées à faire des études. Elle passa " clandestinement " son brevet supérieur à 17 ans. Elle épousa en 1899 le philosophe Léon Brunschvicg (1869-1944) avec qui elle eut quatre enfants. En 1909, elle fonda une oeuvre, les Réchauds du Midi, qu’elle représenta à l’Union française pour le suffrage des femmes. C’est semble-t-il son mari, membre de la Ligue des droits de l’Homme puis vice-président, en 1911, de la Ligue des électeurs pour le suffrage des femmes, qui l’encouragea à s’investir dans le militantisme féministe.
Rapidement, Cécile Brunschvicg devint secrétaire générale puis présidente (1924) de l’UFSF qu’elle dirigea jusqu’en 1946. Pendant la Première Guerre mondiale, outre ses responsabilités à la direction nationale, elle fut vice-présidente du groupe de Paris et secrétaire de la section du IVe arrondissement. Elle dirigea l’oeuvre de logement des réfugiés et la Société des visiteurs (pour les travailleuses à domicile). En 1915, après l’exclusion de Gabrielle Duchêne (en raison de ses prises de position pacifistes), elle prit la présidence de la section Travail du CNFF. En 1917 elle participa à la fondation de l’École des surintendantes d’usine. Elle fut récompensée pour ses activités patriotiques et sociales par la légion d’honneur. En 1924, elle succéda à Jane Misme à la direction de La Française.
En 1924, avec d’autres militantes de l’Union française pour le suffrage des femmes, elle adhéra au Parti radical qui venait d’ouvrir ses portes aux femmes. En 1929, elle présenta sa candidature aux élections sous l’étiquette du CNFF, en même temps que d’autres militantes. Elle participa activement aux États généraux du féminisme en 1929.
Le 4 juin 1936, elle fut nommée sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale dans le gouvernement de Front populaire. Dans ses fonctions, qu’elle occupa jusqu’à la chute du gouvernement Blum, le 22 juin 1937, elle développa l’aménagement des cantines scolaires. En 1937, elle devint vice-présidente du Conseil supérieur de l’enfance. Puis fut promue officier de la Légion d’honneur. En 1939, elle s’occupa de l’accueil de réfugiés antinazis.
En 1940, les Allemands prirent possession de ses archives personnelles, rue Scheffer dans le XVIe arrondissement. Menacée par les persécutions antisémites et par son appartenance au gouvernement de Front populaire, elle trouva refuge dans le Midi sous une fausse identité. A la Libération, elle reprit ses activités féministes et reconstitua l’Union pour le vote des femmes.
C.B.
Portrait de Cécile Brunschvicg par Henri Manuel, années 1920 (?).
Agrandissement photogr. Original BMD, in "Album Jane Misme", 1928.

L'action sociale
Les Réchauds de Midi
Lettre de Cécile Brunschvicg à la baronne Léonino, 2 décembre [1908 ?] | ![]() |
|
C. Brunschvicg sollicite le concours de la baronne pour le " projet d’une oeuvre sociale qu’[elle a] à coeur. " Cette oeuvre sera les " Réchauds de midi ", fondés en 1909. Après avoir exposé la nécessité la nécessité de grouper et syndiquer les femmes qui travaillent, C. Brunschvicg définit son projet en ces termes : " Nous voudrions leur procurer un local où elle trouveraient une installation de chauffage [de leur déjeuner] et de plus, moyennant un ou deux sous, elles auraient du thé et du pain. Mais ceci n’est qu’un moyen de les réunir. Nous aurons à l’heure du déjeuner des femmes intelligentes, couturières, déjà syndiquées (...) qui donneront à ces jeunes filles des notions sociales qu’elles ignorent presque toutes. " | ||
Prospectus d'information pour l’ouverture d’un nouveau " Réchaud de midi ", [c. 1913]. Au 8, rue des Moulins, à Paris. | ||
" Moyennant dix centimes par jour, vous aurez l'usage du réchaud, la libre disposition de la salle. Vous y serez chez vous, entre camarades. " |
Les Surintendantes d'usine
Cécile Brunschvicg participa en 1917 à la fondation de l'Ecole des surintendantes d'usine, qui s'inspirait d'un modèle britannique. La formation préparait les élèves à exercer une carrière sociale, soit en usine (cantines, crèches, cités ouvrières...), soit dans un service social. Les surintendantes sont les ancêtres des assistantes sociales.
![]() | Bulletin des surintendantes d'usine et des services sociaux, n° 21, janvier 1930. | |
Appel aux jeunes pour l’action sociale. Prospectus. | ||
Carte du Certificat d’aptitude à la fonction de surintendante. | ||
|
L'oeuvre parisienne pour le logement des réfugiés
Menu du dîner de l’Union des comités centraux des réfugiés des départements envahis, 10 novembre 1920.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 13 / A. 74)
Cécile Brunschvicg était présidente de l'oeuvre parisienne pour le logement des réfugiés (fondée le 1er décembre 1914), destinée à héberger les réfugiés de l'Est et du Nord de la France chassés de leur domicile par les combats de la Première Guerre mondiale.
La Section Travail du CNFF
La section Travail du CNFF, présidée par Cécile Brunschvicg à partir de 1915, s'intéressait aux conditions de travail des femmes. Elle enquêtait sur les inégalités de traitement et de salaire subies par les femmes dans le secteur privé et veillait à la défense des employées de la fonction publique.
Procès-verbal d’une réunion de la section, 20 mars 1931.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 3 / A. 15)
Réponse de la direction du personnel du ministère du Travail à C. Brunschvicg, 21 décembre 1933.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 3 / A. 12)
A propos du reclassement des femmes chefs de service des Retraites ouvrières et paysannes dans l'administration des Assurances sociales.
L'action politique
L’adhésion de Cécile Brunschvicg à l’Union Française pour le Suffrage des Femmes.
Lettre de Marguerite de Witt-Schlumberger à Jeanne Schmahl, présidente démissionnaire de l’UFSF, 14 octobre 1910.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 21 / A. 121)
" Cette démission nous ferait à toutes une grande peine (...) Quant aux discussions avec des membres du comité, je les crois inévitables (...) Même quand on n'est pas toujours tout à fait d'accord avec les jeunes membres du comité, il me semble d'une importance capitale pour la cause de ne pas les décourager, de ne les entraver que dans la mesure du strict nécessaire (...) N'oublions pas que les jeunes sont l'avenir de la cause. "
Les jeunes à l'origine de ce conflit de générations ne sont autres que Cécile Brunschvicg (entrée au comité en mars 1910) et Marguerite Pichon-Landry. Après la démission de J. Schmahl en 1911, Marguerite de Witt-Schlumberger prit la présidence de l'UFSF. C. Brunschvicg, d'abord secrétaire générale, devint présidente de l'UFSF au décès de M. de Witt-Schlumberger, en 1924.
Questionnaire diffusé auprès des parlementaires par l'UFSF et la Ligue d'Electeurs pour le Suffrage des Femmes, animée par Ferdinand Buisson (c. 1914).
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 4 / A. 215)
Les élus sont invités à donner leur avis sur l'électorat et l'éligibilité des femmes aux conseils municipaux : une proposition de loi a été déposée en ce sens avant la guerre de 1914.

Lettre-circulaire de l’UFSF invitant les députés à participer à la réunion suffragiste internationale de la Sorbonne, le 16 novembre 1922.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 14 / A. 78)
Lettre autographe de C. Brunschvicg à M. de Witt-Schlumberger, 15 mars 1922.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 12 / A. 65)
" 2e nouvelle, mauvaise. Le Président de la République quitte la France le 30 ou le 31. Constitutionnellement, les chambres doivent donc se séparer. Voilà la discussion remise après Pâques. Quel ennui ! "
En 1922, le vote des femmes était encore une fois en discussion à la Chambre. Le 21 novembre, le Sénat allait rejeter le projet de loi.
Tract électoral. Meeting pour le suffrage des femmes, 16 octobre 1924, présidé par Cécile Brunschvicg, secrétaire générale de l'UFSF.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 4 / A. 217)
Réunion organisée pour la campagne des élections municipales de 1925.
Xe congrès de l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes. Paris, 3 mai-6 juin 1926.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 27 / A. 155)
Carte postale envoyée à C. Brunschvicg par M. Vallette.
Congrès de l'UFSF à Tours, 1932.
(Original 7 x 11,5 cm. C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 28 / A. 160)
Photographie (agrandissement). Au centre, C. Brunschvicg.

![]() | Le Radical, numéro du 3 novembre 1929. Article de C. Brunschvicg, " Le Parti radical et les femmes : bonne volonté évidente... " C. Brunschvicg entra en 1924 au Parti radical auquel elle resta fidèle, malgré le peu d'empressement des radicaux à soutenir le vote des femmes. Elle veut ici croire à une bonne volonté que la suite des événements ne confirma pas. | |
|
Cartes de déléguée du Parti radical de C. Brunschvicg, années 1925-1926. |
C. Brunschvicg correspondante des sections locales de l'UFSF.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 20 / A. 117)
L'UFSF comptait de nombreuses sections locales. Cette lettre du 7 mai 1920 est signée Laure Jullien-Beddoukh, féministe marseillaise, mère de Françoise Seligmann.
Le journal "La Française", 1906-1946
L'hebdomadaire fondé en octobre 1906 par Jane Misme sous le titre " La Française, Journal de Progrès féminin " parut jusqu'en juin 1940. Cécile Brunschvicg en assura la direction à partir de 1924.
Après la guerre, elle fit revivre le titre sous forme de magazine illustré et en confia la direction à Claude Jullien, nom de résistante de Françoise Seligmann. La nouvelle publication disparut au bout de 27 numéros, le 29 juin 1946, après la mort de Cécile Brunschvicg.
Affiche d'Alice Kaub-Casalonga pour le lancement du journal La Française,1906
Reprod. photogr. Original BMD.

La Française, journal hebdomadaire
(C.A.F. Fonds Brunschvicg)
Numéros du 24 février 1917, 5 mai 1923, 22 novembre 1930, 1er juin 1935.
![]() | ![]() |
La Française, magazine illustré, 1945-1946
(Coll. F. Seligmann)
Collection complète, reliée.

L’action de Cécile Brunschvicg au gouvernement (1936-1937)
Les attributions de Cécile Brunschvicg au sous-secrétariat d'Etat à l'Education nationale étaient un prolongement naturel à son engagement dans de multiples oeuvres sociales. Elle s'attacha au bien-être physique et moral de la jeunesse, à travers
Article du Petit Journal, 7 juin 1936
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 32 / A. 191)
Article de Charlotte Charpentier, à l'occasion de la nomination de Cécile Brunschvicg comme sous-secrétaire d'Etat.

Visite du Préventorium de Canteleu, juin 1936
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 26 / A. 152)

Visite d'une cantine scolaire (c. 1936 ?)
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 9 / A. 48)
Photographie, 16 x 24 cm.

La Question de l'alimentation au ministère de l'Education nationale : les cantines scolaires. 1937.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 4 / A. 118)
Rapport de Cécile Brunschvicg faisant le bilan de l'enquête lancée en juin 1936.
" Ce rapport (...) n'a pas d'autre but que de servir de base à un grand mouvement de coordination et de progrès dont tous les petits enfants de France doivent être les bénéficiaires. "
Pour la rééducation de l'enfance déficiente. Communication de Cécile Brunschvicg, ancienne sous-secrétaire d'Etat et vice-présidente du Conseil supérieur de Protection de l'Enfance [c. 1938].
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 9 / A. 42)
Texte dactylographié annoté de la main de C. Brunschvicg. Exposé des actions entreprises par le ministère de l’Education nationale pour l'éducation des enfants handicapés mentaux.
Fête offerte aux élèves des cours d'enseignement ménager de la Caisse de compensation de la région parisienne, sous la présidence de Madame Brunschvicg. Grand amphithéâtre de la Sorbonne, 30 mai 1937.
(C.A.F. Fonds Brunschvicg, C. 7 / A. 31)
Programme illustré.
Première partie : thèmes et personnalités du féminisme réformiste. Panneaux 1 à 3. Panneaux 4 à 7. Panneaux 8 à 10.
Deuxième partie : collection documentaire de la Bibliothèque universitaire d'Angers
Troisième partie : archives Cécile Brunschvicg