Maisons Closes

Au salon de la rue des Moulins Toulouse-Lautrec

L'année 2010, année de la lutte contre les violences faites aux femmes, a vu resurgir le débat sur la réouverture des maisons closes.

Dans son ouvrage paru en janvier, Pour en finir avec les violences faites aux femmes, la députée UMP Chantal Brunel, en se référant à l'enquête menée par Marie-Elizabeth Handman et Janine Mossuz-Lavau, dénonce la loi de sécurité intérieure du 18 mars 2003 qui crée le délit de racolage passif au motif que les prostituées s'en trouvent stigmatisées et fragilisées. Dans une tribune publiée le 21 janvier dans Le Monde et intitulée "Violence faites aux femmes : place aux actes !", elle propose "une réouverture minutieusement contrôlée des maisons closes..." lançant ainsi le débat dans la presse et sur la place publique.

Au mois d'octobre, la diffusion du feuilleton de canal + qui évoque les maisons closes pendant la IIIe République, invite à l'instar de Frédéric Joignot dans son article du Monde magazine du 03 octobre 2010, à se poser une question légèrement différente : "faut-il regretter les maisons closes ?".

Le fonds de la bibliothèque propose de nombreux ouvrages qui peuvent apporter des éléments de réflexion .En voici quelques uns : l'historien Alain Corbin dans Les filles de noce retrace l'histoire de la prostitution au XIXe siècle et notamment l'enfermement des filles publiques mis en place au lendemain de la Révolution. La journaliste Laure Adler évoque elle dans son ouvrage la vie quotidienne des maisons closes entre 1830 et 1930. A feuilleter, l'âge d'or des maisons closes d'Alphonse Boudard et Romi qui mêle photos, peintures et textes et qui évoque les bordels haut de gamme de la IIIe République mais aussi les maisons d'abattage. Deux ouvrages, celui de Natacha Henry et celui d'Elisabeth Coquart, proposent une biographie de Marthe Richard, ancienne prostituée devenue conseillère municipale de Paris, à l'origine de la loi du 9 avril 1946 qui ferma les maisons de tolérance.

Enfin à consulter sur place des mémoires d'étudiants qui se sont intéressés au cas particulier de la ville d'Angers : La fermeture des maisons de tolérance à Angers en 1946 et La prostitution à Angers pendant la première Guerre mondiale.

Vous retrouverez ces ouvrages et d'autres encore dans le hall de la bibliothèque de Belle Beille.

Attention à la date de péremption

Ce billet a maintenant plus d'une année.

Certaines des informations qu'il contient pourraient être périmées.